"Le rapport 2006 de l’Observatoire national des Zones
urbaines sensibles (ONZUS) se fonde pour l’essentiel
sur des données de 2005. Chacun garde le souvenir
des émeutes qui ont embrasé nos banlieues à l’automne
2005. Le retentissement médiatique de ces violences
urbaines a suscité des commentaires au-delà du cercle
des spécialistes. Ils ont pu puiser dans les deux premiers
rapports de l’ONZUS des éléments pour un état des lieux,
un tableau sans concession de la situation difficile que
vivent ces territoires et leurs habitants.
L’observation ne suffit pas à répondre aux questions qui
ont été alors posées : quels sont les mécanismes à l’origine
de ces poussées de fièvre ? Ne pourrait-on identifier
des signes avant-coureurs ? Y a-t-il des initiatives efficaces
dans ce vaste champ de la politique de la ville ?
Le rapport 2006 ne permet pas de déceler en 2005 une
situation plus favorable des ZUS. Surchômage et pauvreté,
mauvaise santé et difficultés scolaires et une délinquance
dopée par les près de 7000 faits de violences urbaines d’octobre-
novembre 2005 donnent la mesure du malaise.
Le rapport 2006 marque un progrès dans la connaissance
de la mobilisation des politiques de droit commun
comme l’avait souhaité le conseil d’orientation de
l’ONZUS. Il fait, aussi, le point sur l’état d’avancement à
fin 2005 du Programme national de rénovation urbaine
(PNRU) lancé par la loi du 1er août 2003, celle-là même
qui a créé l’ONZUS. Démolitions, réhabilitations, constructions,
résidentialisations sont désormais bien engagées
même si le nouveau visage de nos banlieues ne se
dessinera visiblement qu’autour de 2010.
C’est aussi une oeuvre de longue haleine qui s’impose en
matière d’égalité des chances : le lancement effectif en
2005 des Équipes de réussite éducative (ÉRE) devra être
prolongé avant qu’on en mesure l’impact global même
si la personnalisation de la démarche doit permettre
d’enregistrer des résultats individuels plus rapidement.
La mise en place de l’Agence nationale de rénovation
urbaine (ANRU), la réforme de la Dotation de solidarité
urbaine (DSU), la création de l’Agence nationale pour
la cohésion sociale et l’égalité des chances (ACSÉ) et la
désignation de préfets délégués à l’égalité des chances
sont venues compléter le dispositif de la politique de la
ville. Au-delà de la multiplicité des outils, il ne faut pas
oublier que c’est la même réalité qui est vécue dans
les ZUS. C’est pourquoi nous émettons le voeu de voir
la mission de l’ONZUS étendue au champ d’action de
l’ensemble de ces organismes et de ces dispositifs.
La meilleure articulation entre l’observation, l’évaluation
et l’action peut être un élément même de l’efficacité
du Plan national de cohésion sociale".
Bernadette Malgorn
Secrétaire générale du ministère de l’Intérieur
et de l’Aménagement du territoire
Présidente du conseil d’orientation de l’ONZU